LE RETOUR DE MONSIEUR HENRI SALVADOR.

Publié le par OBUT BEZIERS

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Catherine Salvador et la statue de cire d'Henri Salvador au Musée Grévin.

Chanteur, compositeur et guitariste, Henri Salvador était aussi un amuseur et un inconditionnel de jeu provençal. Deux ans après sa disparition, sort un recueil de citations de cet amoureux des mots et de la vie.

"Adulte est le mot le plus laid du dictionnaire. Il signifie qu’on a perdu le rêve, qu’on vit avec les réalités". Derrière l’artiste, dont la carrière avait démarré dès les années 30, Henri Salvador traînait sa part d’enfance. Un gamin dissimulé dans un corps d’adulte, qui aura fait marrer la France entière pendant des décennies.

Auteur de quelques-uns des grands succès de la chanson française, dont Zorro est arrivé, Syracuse, Le travail c’est la santé ou encore Le Loup, la Biche et le Chevalier (Une chanson douce), le natif de Cayenne est décédé le 13 février 2008, à l’âge de 90 ans, d’une rupture d’anévrisme.

Amoureux du provençal

Proche de Boris Vian ou Ray Charles, ce touche-à-tout de génie avait notamment deux péchés mignons : un sens de la formule caustique, assorti d’une passion pour les boules - précisément le jeu provençal -, qui en a fait l’une des références de la discipline.

"Je ne suis pas un joueur de pétanque, je suis un joueur de provençal", aimait-il à répéter. "Le jeu de la provençale est un sport, la pétanque est un jeu. D’ailleurs, la pétanque a été inventée par un infirme. C’était justement un joueur de provençal qui s’était cassé les deux jambes. Tout ça pour dire que la pétanque est un jeu d’infirmes." Du Salvador dans le texte...

Deux ans après sa disparition, sort en librairie La joie de vivre, un recueil de pensées choisies par sa femme Catherine, agrémenté de témoignages de ses amis. A travers ses répliques, on redécouvre un homme sensible et farceur, lucide sur la vie et la mort, amoureux des mots, de la chanson, de l’être humain et des femmes. Rencontre avec Catherine Salvador, celle qui a partagé les dernières années de sa vie.


Comment est venue l’idée de ce livre ?
C’est une idée de l’éditeur qui m’a appelée un jour, convaincu qu’il y avait matière à sortir un tel ouvrage. Son envie était de mettre en forme un livre à partir des pensées et réflexions de Henri au cours de sa vie. Il n’a pas fallu longtemps pour trouver tout un tas de citations.


Vous souhaitiez présenter Henri de quelle manière ?

Le livre s’intègre dans une collection plus large sur des citations de grands hommes comme Oscar Wilde, Jean Yann ou encore Francis Blanche. L’éditeur estime que Henri fait partie de cette trempe-là. Il fallait aussi mettre en avant des sujets qui le touchaient particulièrement comme le travail, l’amour, la mort, l’être humain, la musique ou la pétanque.


On a parfois l’impression de lire les propos d’un grand gamin…

C’est tout à fait l’esprit du livre. Henri avait une grande profondeur d’esprit, s’intéressait à beaucoup de choses, mais il avait aussi une belle naïveté. Il pouvait lancer des blagues, parfois piquantes, mais toujours avec un petit sourire…


Pourquoi avoir choisi le musée Grévin pour la sortie officielle du livre ?

C’est un lieu auquel nous sommes très attachés. Et avec sa statue de cire, cet endroit paraissait un choix naturel. Cela a d’ailleurs été un moment très émouvant. On avait l’impression de l’avoir en vrai à côté de nous. D’habitude sa statue est placée dans un univers, avec d’autres personnages. Mais là, elle était isolée, ce qui la mettait au centre de tout. D’ailleurs, quand j’ai quitté le musée, j’ai eu l’impression de l’abandonner. C’était très fort, très difficile aussi.


Comment est-ce que vous avez vécu sa passion pour la pétanque ?

Quand je suis entrée dans sa vie, il m’a dit d’emblée : "tu vas te mettre à la pétanque". Je crois que je n’avais pas vraiment le choix. Donc, il m’a appris à jouer. Il m’a d’abord montré la technique et la théorie sur papier, en me faisant des dessins. La pratique est venue après et, au fil du temps, je crois que je suis devenue une bonne pointeuse. Mais sa discipline de prédilection restait le jeu provençal, qu’il voyait plus comme un sport.


Il y a joué jusqu’au bout ?

Les dernières années, c’était plus compliqué. Il était toujours licencié à Cagnes-sur-Mer, mais il avait l’habitude de dire que les boules devenaient de plus en plus lourdes… Je me souviens que le soir de son avant-dernier concert, qui avait lieu à la salle Pleyel à Paris, on s’était couché à 4 heures du matin. Puis, à neuf heures, il se lève comme un gosse en me disant : "bon, j’ai un concours, j’y vais !" A 90 ans...


Est-ce que vous continuez à pratiquer ?

Toujours. D’ailleurs j’ai gardé toutes ses boules, sauf une triplette que j’ai offerte à Michel Montana, le président du Mondial la Marseillaise, et qui sert de trophée du tournoi des célébrités, les "Salvador de la pétanque". L’été, je joue souvent avec Shirley et Dino, Louis et Emma Chedid ou encore Jean-Pierre Marielle. Ce sont tous de bons joueurs.

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Repères

La joie de vivre

Pensées, répliques et anecdotes
Date de sortie : 11 février 2010
Éditions du Cherche Midi
Collection Les Pensées
308 pages, 13 euros
www.cherche-midi.com



Source du site  www.boulisme.com

Publié dans DIVERS

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